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Comment utiliser le digital en présentiel ?

Si le digital a contribué à faire évoluer les modalités d’apprentissage, il demeure encore principalement utilisé à distance, dans le cadre de la formation en ligne (e-learning), de certaines séquences des formations multimodales (blended learning), etc. Bien souvent, le présentiel a ainsi encore tendance à fonctionner selon des pratiques “ancestrales”, avec, certes, des méthodes variées, plus ou moins efficaces, plus ou moins innovantes, mais en privilégiant le “bon vieux matériel pédagogique de toujours” : diaporama, paperboard, post-it, etc.

Ces dernières années ont vu émerger des pratiques de formation en présentiel mobilisant des outils digitaux. Et, chez C-Campus, nous n’y faisons pas exception !

Après avoir testé différents outils, tant gratuits que payants, nous nous sommes arrêtés depuis le début de l’année 2019 sur la solution digitale Wooclap, utilisable par nos apprenants avec tout type d’appareil (ordinateur, tablette, smartphone) avec un simple lien, ou par SMS si certains apprenants n’ont pas accès à Internet. Simple d’utilisation, riche de fonctionnalités diverses et variées, il y a pléthore de façons de l’exploiter.

Nous avons souhaité faire le bilan au bout de plusieurs mois et partager la manière dont nous l’utilisons chez C-Campus lors des phases en présentiel de nos sessions de formation, qu’il s’agisse de formations courtes comme de parcours longs. Il est à noter que toutes ces techniques ne sont pas utilisées systématiquement ensemble. Il s’agit plutôt d’une “boîte à outils” dans laquelle nous piochons en fonction des besoins.

Commencer la formation par une foire aux questions (FAQ)

Cette technique permet, en quelques minutes, de recueillir l’ensemble des questions que se posent les apprenants sur le thème en question. Elle permet aussi de vérifier l’état de leurs connaissances sur le sujet.

Les questions posées sur Wooclap sont par exemple formulées ainsi :

  • Que savez-vous sur tel sujet/thème ?
  • Quelles questions avez-vous sur tel sujet/thème ?

Cette technique permet de gagner du temps et d’éviter d’insister sur des éléments déjà connus par le groupe. L’application s’y prête très bien et permet aux apprenants de faire connaissance avec celle-ci, dans le cas où ils ne l’auraient pas encore utilisée.

Introduire une séquence par un quiz start-up

Une fois la formation lancée, des séquences pédagogiques vont s’enchaîner. En introduction de certaines d’entre elles, il nous arrive de commencer par un quiz start-up. D’une durée relativement courte (moins de dix minutes), il permet de mettre en éveil le groupe, d’identifier très rapidement son niveau de connaissances sur le sujet et, donc, si les apprenants ont les prérequis attendus.

Là encore, l’application permet facilement de poser des questions ouvertes ou fermées, tout en introduisant une dose de gamification en instaurant une forme de challenge entre les apprenants étant donné que, si des points sont comptés, un classement peut se constituer au fur et à mesure.

Évaluer régulièrement les connaissances

Pendant “aval” du quiz start-up (qui se focalise sur les prérequis), des quiz de synthèse, avec ou sans notation, peuvent ponctuer la formation et, ainsi, permettre de faire un bilan des connaissances acquises et de vérifier la bonne compréhension du contenu tout au long de la formation.

Cela peut par exemple être utilisé pertinemment à la fin d’une séquence pédagogique ou, notamment pour les formations s’étalant sur plusieurs jours, à la fin de chaque journée de formation ou en introduction de la journée du lendemain (réveil pédagogique), pour les formations s’étalant sur plusieurs jours.

Là aussi, la logique de gamification peut être mobilisée, d’autant que cet exercice peut être réalisé de façon individuelle ou en petit groupe.

Fonctionnalité intéressante : Wooclap permet d’afficher en temps réel les résultats (le formateur ayant accès à des fonctionnalités d’administration depuis son ordinateur) et, donc, de les partager avec le groupe pour faire réagir, pour compléter (et renforcer certaines connaissances), pour répondre aux questions en suspens…

Faire la météo de la formation

Cette technique vise à prendre la “température” de la formation sur différents aspects : satisfaction des participants, ambiance/climat au sein du groupe, difficultés éventuelles rencontrées, pertinence du contenu abordé, etc.

Plus courte que le classique questionnaire d’évaluation de la satisfaction (par ex. une à trois questions), cette technique permet d’identifier rapidement des problèmes et de corriger le tir, le cas échéant, par exemple en débutant une séquence de régulation. Elle est donc notamment utile lorsque l’on perçoit qu’il y a un problème, même léger, dans le groupe.

Cette technique est à mobiliser prioritairement en début de matinée (donc pour les formations de plusieurs jours) ou d’après-midi, notamment afin d’avoir des débats plus mesurés.

Atout majeur ici de l’utilisation de Wooclap  : la possibilité de faire la météo de la formation de façon anonyme, d’autant si certains apprenants sont peu à l’aise avec l’idée d’exprimer des insatisfactions oralement. En effet, ce qui compte n’est pas tant le fait de savoir que untel a dit ceci ou cela, mais de recueillir l’ensemble des avis du groupe pour s’améliorer collectivement.

Le mot clé de la formation

Alternative à la météo de la formation, cette technique du mot clé de la formation permet également une évaluation rapide des réactions des apprenants. Elle peut se faire pendant la formation (par ex. après une séquence pédagogique, une demi-journée ou une journée de formation) ou à la fin de la formation. La question peut être par exemple formulée ainsi : “En un mot, comment qualifieriez-vous votre état d’esprit à l’issue de cette séquence/demi-journée/journée ?”

Les apprenants disposent d’une minute pour trouver un mot clé et préparer l’explication de son choix. Idéalement, le mot clé ne peut être celui du voisin afin d’éviter l’effet de conformisme.

La fonctionnalité de nuage de mots de l’application permet facilement de mettre en œuvre cette technique, notamment en facilitant le partage des mots clés à l’écran, de synthétiser l’ensemble des réflexions des apprenants.

Réaliser des enquêtes de satisfaction

Grand classique des formations, le questionnaire d’évaluation de la satisfaction peut facilement être complété en salle et en ligne. Cela préserve d’autant plus facilement l’anonymat des répondants et facilite l’exploitation des résultats.

Que le questionnaire soit complété sur papier ou en ligne, notre conseil est d’éviter de faire cela à la toute fin de la formation (alors que les apprenants ont un train/métro/RER/avion à prendre, les enfants à aller rechercher, etc.), mais de prévoir une séquence pédagogique dédiée, par exemple une heure avant la fin réelle de la formation.

En consacrant la dernière heure à l’évaluation, le formateur montre l’importance de ce moment et, en digitalisant celle-ci, il peut partager les résultats et commenter ceux-ci, revenir sur les éléments qui n’ont pas été compris, etc.

L’exercice est d’autant plus intéressant lorsque que, comme le disent les Québécois, cela prend la forme d’un module de transfert à l’environnement pratique (TEP). Ce type de module consiste à travailler, entre autres, avec les apprenants sur les freins qu’ils identifient pour transférer leurs acquis en situation de travail et sur les bonnes pratiques qu’ils peuvent mettre en pratique (plan d’action, engagements et actions possibles à court terme, etc.). Si le questionnaire d’évaluation comprend une ou plusieurs questions sur ce thème, l’exploitation des résultats en direct sera une bonne opportunité pour initier les échanges.

Quels sont les avantages du digital pour mettre en œuvre ces techniques ?

Nous n’avons pas attendu d’avoir une application digitale de ce type pour utiliser ces techniques en présentiel, avec notamment comme supports le paperboard, les post-it, etc.

Néanmoins, force est de constater que son introduction lors des temps en présentiel présente de nombreux avantages, comme le fait :

  • d’augmenter les interactions et de cadencer le rythme de la formation (l’attention des apprenants chute rapidement et l’alternance des moyens et médias utilisés aide à lutter contre) ;
  • de faciliter l’expression de tous les apprenants, notamment ceux qui ne sont pas à l’aise pour prendre la parole, notamment pour exprimer une insatisfaction, par exemple ;
  • d’habituer les apprenants encore peu à l’aise avec le digital à utiliser une application en étant accompagnés (par le formateur et leurs pairs), ce qui peut “faire tâche d’huile” car ils utiliseront plus volontiers les ressources digitales lors de l’après-formation ;
  • de favoriser le regroupement et le classement des idées ;
  • de conserver des traces et preuves de tous les moments d’évaluation (de la satisfaction, des connaissances, etc.), ce qui n’est pas rien dans le cadre du référentiel national de certification qualité (RNCQ)… ;
  • d’introduire facilement des éléments de gamification et, ainsi, “pimenter” un peu le déroulement de la formation ;
  • etc.

L’apprenant est ainsi encore un peu plus acteur de sa formation. Nous ne disons pas qu’il faut nécessairement tout digitaliser et il nous arrive encore fréquemment de recourir “aux bon vieux supports papier”, notamment pour des raisons matérielles (accès difficile à Internet, apprenants non équipés, etc.) ou si le public ne s’y prête pas. Mais globalement, la plus-value est réelle. La clé est certainement dans un savant dosage des deux approches (papier/digital), tant que cela est pertinent et efficace d’un point de vue pédagogique.

Jonathan Pottiez

Jonathan Pottiez

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