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Huit conseils pour amorcer et réussir la digitalisation de ses ressources de formation

Pour faire face aux spécificités de la période, de nombreux formateurs, enseignants, experts, coaches… s’engagent dans la digitalisation de tout ou partie des prestations qu’ils réalisaient jusqu’ici exclusivement en présentiel.

Cet effort de médiatisation porte à la fois sur les supports utilisés dans les prestations synchrones (classes virtuelles, webinaires…) et sur les ressources digitales de formations proposées aux apprenants dans un contexte d’auto-formation asynchrone (vidéo learning, modules rapid e-learning ou e-learning…). 

Ces acteurs deviennent ainsi des concepteurs pédagogiques occasionnels à côté de leur métier principal et doivent développer et intégrer à leurs pratiques un tout nouveau champ de compétences.

Ils ont alors à faire face à un triple défi :

  1. S’initier à la conception et à la scénarisation pédagogique de ressources de formation.
  2. Acquérir les bases de la médiatisation de leurs contenus (graphisme et mise en page, captation et montage audio-visuel, interactivité…).
  3. Maîtriser les outils logiciels pour intégrer, produire et diffuser leurs ressources.

Ces défis ne se situent pas sur le même niveau de complexité et de difficulté et il est impossible de les relever dans la même temporalité.

Les deux premiers demandent la construction de compétences complexes qui vont s’acquérir dans le temps avec une montée en compétence progressive. En revanche, le troisième – maîtriser des outils logiciels – est plus simple et peut s’accomplir dans une temporalité plus courte.

Face à ces défis, quelle stratégie doivent adopter ces acteurs de la formation pour amorcer la constitution de leur offre digitale de formation rapidement ? Car il y a urgence !

En réponse, voici 8 conseils pour bien amorcer la digitalisation de ses ressources de formation.

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Faire preuve d’empathie vis-à-vis des apprenants

Essayer de les écouter, de les comprendre et de se mettre à leur place pour évaluer leurs besoins réels et les modalités de formation les plus adaptés pour y répondre. C’est un prérequis incontournable notamment dans le cadre de la formation professionnelle.

Faire local

La loi de la proximité est très puissante dans le domaine de l’information. C’est la même chose concernant les ressources de formation. Leur force ne réside pas (pas durablement en tout cas) dans un pseudo effet « Waouh » généralement hors sol, mais dans leur sincérité et leur coïncidence avec la réalité quotidienne et les besoins des apprenants. Dit autrement, plus une ressource de formation a pour vocation de toucher un très grand nombre d’utilisateurs, plus elle doit – de fait – être neutre, consensuelle et impersonnelle, tant au niveau de la forme que du fond, et moins elle va finalement être efficace et attractive. Ce point ouvre d’autres orientations stratégiques importantes : penser « home made » et non sous-traitance, viser l’individualisation et non la formation de masse…

Incarner la ressource

S’investir, parler, décider, faire des choix, le concepteur occasionnel doit afficher son engagement auprès des apprenants à travers la ressource. Mais aussi, prendre du plaisir dans la conception, s’amuser dans ses choix pédagogiques. On dit qu’un sourire s’entend au téléphone, il se ressent également dans une ressource de formation. Dans ces contextes informatiques froids, il est bon de rappeler que c’est un humain qui s’adresse à d’autres humains, à travers un média, pour les accompagner et les aider à progresser.

Penser activité d’apprentissage et non contenu

Le contenu est partout (sauf cas très particuliers), le sens nulle part. La valeur du concepteur est d’accompagner l’apprenant, à travers la ressource proposée, à appréhender ce sens et à se l’approprier. Il faut donc faire des choix dans les messages et dans les contenus pour ne retenir que l’essentiel. A l’inverse, plus on donne de contenu, plus on complexifie la tâche de l’apprenant : on ne lui rend pas service. Le concepteur doit se voir comme un coach sportif plutôt que comme une mère nourricière.

Concevoir des ressources simples et courtes

Un message par ressource (la réponse à l’objectif pédagogique), 3 ou 4 contenus forts par message, une idée par écran, 20 écrans maximum (penser Petcha Kucha). Cela facilite la réalisation de nombreuses ressources digitales, la constitution rapide de catalogues de ressources et donc la mise en œuvre de parcours de formation diversifiés et adaptés à différentes stratégies d’apprentissage. Produire un module de 3 heures en 6 mois n’est pas réaliste, ni pédagogiquement, ni commercialement. En revanche, 18 modules ou vidéos de 10 minutes forment une collection thématique cohérente et pertinente. Elle peut commencer à être mise sur le marché dès le premier mois sous la forme de 4 ou 5 premières ressources, puis se compléter au fil de l’eau des réalisations. Cette méthode agile permet également de recueillir rapidement les retours et remarques des utilisateurs (les pépites) et d’ajuster les ressources en fonction.

Structurer les ressources par des rubriques (Essentiel / Zoom / Quiz / Exercice…) et non par le contenu spécifique de chaque ressource

De cette façon, il est possible de constituer une structure unique et homogène dans laquelle viendra se lover les différents contenus du même type. Cela permet d’enrichir et de rationnaliser le traitement média de la charte éditoriale une bonne fois pour toute, de fidéliser l’utilisateur à une formule (il n’a pas à réapprendre à se servir du module à chaque fois), d’investir plus de temps dans le traitement média des contenus de chaque module.

Opter pour un design simple et utiliser des modèles réalisés par des professionnels du design graphique (templates)

L’offre en matière de modèles et de ressources graphiques, sonores ou vidéos a explosé ces dernières années. Il existe des templates de très bonne facture gratuits ou téléchargeables pour un prix modique. Poser le cahier des charges de ses modules (important pour ne perdre trop de temps à chercher la perle rare par la suite), chercher un modèle proche de ses besoins et le mettre à ses couleurs semble la meilleure solution pour démarrer rapidement lorsqu’on débute dans ce domaine. Au fil du temps, les modules pourront être repris et d’avantage personnalisés.

Choisir le ou les outils auteurs les mieux adaptés à ses besoins et s’y tenir pour se professionnaliser et capitaliser sur les productions réalisées

L’outil auteur peut se définir comme le logiciel qui permet de médiatiser, d’intégrer, voire de diffuser une ressource digitale de formation. Dans ce domaine, très (trop) sollicité par le marketing, les conseils sont nombreux et rendent le choix délicat. Il existe en effet de nombreuses stratégies d’équipement matériel / logiciel pouvant être mises en œuvre en fonction des objectifs de production (fréquence / volume / flexibilité, public…). Un peu comme quand on veut s’acheter une paire de baskets pour courir. Cela parait simple au départ mais, en fonction de son poids, de son style de course, de la fréquence de l’entraînement, de la nature du sol, des conseils de sa podologue… le choix s’avère finalement très complexe et beaucoup de braves n’ont jamais commencé la course pour cette raison.

En attendant un prochain article sur ce blog, consacré au meilleur choix concernant les outils, deux remarques générales :

  1. L’outil ne fait pas le concepteur. Une bonne ressource pédagogique, c’est avant tout un bon scénario, adapté au contexte de formation et donc aux apprenants ciblés. L’outil est second et finalement pas si important dans l’efficacité de la ressource.
  2. Le meilleurs outil, c’est celui qu’on connait le mieux : le challenge, c’est donc de trouver le meilleur moyen pour mettre en forme et médiatiser ses idées, le plus rapidement possible. Il ne faut pas oublier qu’un concepteur occasionnel… a un métier principal.
Yann Bonizec

Yann Bonizec

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