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FAD et AFEST : on n’a plus le choix !

La décision du gouvernement d’obliger le port du masque en entreprise et de recommander le télétravail pourrait avoir des conséquences très importantes sur les pratiques pédagogiques. Comment peut-on imaginer qu’on reprendra le présentiel comme avant dans les semaines, mois et mêmes années à venir alors que tout semble être mis en œuvre pour renforcer la distanciation physique tant qu’un vaccin ou un traitement ne sera pas trouvé ?

On a que trop tardé !

Cela ne sert à rien de débattre sur les bienfaits ou les problèmes liés à cette révolution pédagogique en marche. Notre position est que chaque pédagogie – présentielle, distancielle et expériencielle (Afest) présente son lot d’avantages et d’inconvénients. Aucune n’est supérieure à l’autre. Tout dépend du contexte, des objectifs et du profil des apprenants.

On ne peut plus aujourd’hui regarder passer les trains ! L’AFEST et la FAD doivent devenir des pratiques pédagogiques courantes. A l’échelle des décennies, on aurait dû s’engager dans l’AFEST dès le milieu des années 1990 quand le courant de l’organisation apprenante frappait à nos portes. Des auteurs comme Chris Argyris ou Peter Senge nous annonçaient la révolution indispensable, mais leurs publications n’étaient lues, en France, que par quelques spécialistes du management de la formation. Au cours de la même période, le cadre réglementaire et les financements devenaient de plus en plus contraignants (ou séduisants chacun sa vision) pour laisser de la place à une « formation rapprochée » comme nous l’appelions à l’époque.

Pour la FAD, on a raté la révolution du rapid E-Learning dans le milieu des années 2000. Alors que les premiers logiciels (Articulate Presenter, Adobe captivate…) nous permettaient de faire rapidement des cours digitaux simples (certains dirons rudimentaires), les « professionnels » de la formation ont voulu tout complexifier. Leurs exigences dans le domaine étaient bien supérieures à celles qu’ils avaient pour le présentiel. Tandis que pour ce dernier, ils n’étaient pas dérangés par des formations « tourne-slides », les modules de E-learning devaient être interactifs, ludiques, avoir des effets Wahou ! Résultat : on en a trop demandé au E-learning et ses coûts et délais de mise en œuvre ont explosé. Facile ensuite de dire que cela ne marchait pas.

On aurait dû prendre le E-Learning pour ce qu’il était (une façon rapide d’acquérir des connaissances simples en amont ou en aval de formation présentielle ou expérientielle) et le laisser pour ce qu’il n’est pas (une pédagogie de substitution permettant à elle seule de développer des compétences). Malheureusement plutôt que d’en faire un allier des autres pédagogies, on en a fait un concurrent. Et on recommence aujourd’hui, 15 ans plus tard, la même erreur avec la réalité virtuelle.

A l’échelle de la crise sanitaire de 2020, on a perdu déjà 6 mois. Ceux qui se berçaient d’illusion pensant qu’avec l’automne reviendrait la formation présentielle, comme au printemps un vol d’hirondelle, vont devoir réviser leurs stratégies. Tant que vaccin et traitement sérieux et fiables ne peuvent être mis sur le marché, il est évident que limitation des déplacements, port du masque et distanciation physique joueront contre la formation présentielle. Et le match Présentiel versus FAD et AFEST, tourne vite alors à l’avantage des seconds quand le premier est autant contraint (cf. notre article « Pour ou contre la formation masquée ! ».

Se poser la question du comment et non plus du pourquoi

La vraie question à se poser aujourd’hui n’est donc plus celle du pourquoi faut-il passer à la FAD et l’AFEST, mais comment peut-on y passer. Nous insistons sur le « ET » car les deux pédagogies se combinent parfaitement et ne doivent surtout pas être opposées.

La FAD mixant classe virtuelle et consultation de cours digitaux n’a pas son pareil en période de distanciation physique pour l’acquisition des connaissances théoriques et la dynamique de groupe.

L’AFEST favorise l’application terrain et l’expérimentation au poste de travail entre les sessions de classes virtuelles.

En combinant FAD et AFEST, on retrouve ainsi une pédagogie de l’alternance qui, lorsqu’elle est bien mise en œuvre – c’est-à-dire de façon intégrative, reste une approche pédagogique qui a fait ses preuves.

Alors concrètement comment peut-on passer à ces nouvelles pédagogies FAD et AFEST ? Là, aussi, il faut faire simple et vaincre ses peurs. En fait, tout dépend de là où on part.

Si vos formateurs sont déjà en présentiel dans une pédagogie active ou co-active, le passage se fait assez rapidement et facilement. C’est juste une question de compétences techniques (cf. notre article précédent : “les 7 compétences du formateur 100% à distance“) et de moyens, si vous souhaitez digitaliser vos contenus. Mais la digitalisation de vos contenus ne s’impose que si vous vous distinguez dans votre domaine d’expertise par vos apports théoriques et méthodologiques. Sinon, vous pouvez parfaitement « distancialiser » sans « digitaliser ».

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A l’inverse si vos formateurs sont encore à lire leurs diaporamas tout au long de la journée, là, c’est plus compliqué ! C’est une affaire d’identité professionnelle (cf. notre article « Digital learning : une question d’identité professionnelle pour les formateurs ». Il est nécessaire de les accompagner dans une remise en cause profonde de la vision de leur métier. Cela passe par de la formation, mais pas seulement. Il faut également les mobiliser, leur donner confiance dans leurs capacités à faire.

Réussir des premières expérimentations avec les formateurs les plus enclins à changer, puis diffuser en interne les meilleures pratiques est un chemin incontournable. Souvent, se faire accompagner par des sociétés de conseil externes permet de gagner du temps et de témoigner aux équipes l’importance que l’on accorde au sujet de transformation.

Dans les deux cas, formateurs proches ou éloignés du but, il convient de rester modeste et de faire preuve de ténacité. Si le passage du tout présentiel à la formation blended ou hybride est à la portée de tout organisme de formation ou direction de la formation en entreprise, il n’en reste pas moins vrai que cela demande beaucoup de temps et d’énergie. Rien n’est jamais gagné dans ce domaine et il faut capitaliser sur ses premiers succès pour progresser. On compte en mois voire en années plutôt qu’en semaine pour une transformation en profondeur de son organisation, mais on peut réussir des premières formations en FAD et en AFEST en quelques semaines.

Marc Dennery

Marc Dennery

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