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Le plan de formation a-t-il encore un sens ?

A l’heure du digital learning et des apprentissages en situation de travail a-t-on encore besoin de s’adonner au rite annuel du plan de formation ? Question légitime. La réponse nécessite de ré-interroger les finalités de cet exercice imposé par la loi.

Finalité 1 : logique de planification des actions

Une des premières finalités du plan de formation est, comme son nom l’indique, de planifier les actions de formation. Cela était indispensable quand le modèle de référence, quasi exclusif, était le stage. Pour réunir des groupes d’apprenants autour d’un formateur dans une salle de formation, il fallait un planning de session, inscrire des stagiaires, reporter en cas d’annulation, etc.

Il en est tout autrement dans un environnement de formation où MOOC, E-Learning, M-Learning, formation terrain, réseaux sociaux… prédominent. A-t-on encore intérêt à planifier la participation à un MOOC ou à un groupe d’échange de pratique ? Probablement pas. Quand on passe d’une formation en stock (stages rares et chers) à une formation en flux (apprentissages permanents gratuits ou peu onéreux), la planification des actions de formation ne revêt plus la même importance.

RHEXIS – “On passe d’une formation en stock à une formation en flux” – cliquez ici.

Par définition, les formations qualifiantes entrant dans le cadre du CPF ne sont pas planifiables une année sur l’autre. Il ne reste donc plus que les stages de formation présentielle à planifier. Ceux-ci se réduiront à leur portion congrue dans les années futures suite à la fin de l’obligation fiscale et à la généralisation des nouveaux formats de formation.

Finalité 2 : logique de planification budgétaire

Le deuxième intérêt du plan de formation est le pilotage budgétaire. Il permet de prévoir, suivre et corriger si nécessaire l’investissement en formation. Dans une logique de planification de stages présentiels ce pilotage est très précis. Chaque nouvelle inscription d’un salarié est comptabilisé au jour le jour.

A l’heure de la formation digitale et/ou en situation de travail, ce suivi n’a plus la même importance. Pour autant, la planification budgétaire reste indispensable. La démarche cependant doit évoluer. A côté d’une approche à l’inscription de formation, une évaluation globale des investissements formation est à mettre en oeuvre. Ces investissements portent notamment sur les plateformes, le développement des bibliothèques de contenus, la création d’espace-temps formation, etc.

MOOC, E-Learning, FEST… et la question du temps en formation – cliquez ici.

Le plan de formation conserve donc un intérêt pour le pilotage budgétaire, mais il doit prendre en compte à la fois les coûts d’exploitation (participation aux stages, temps passé en formation en situation de travail, licences annuelles de contenus et plateformes) et d’investissement (création de bibliothèques de contenus, investissement dans les outils de SI formation…). Par conséquent, son approche doit être ré-interrogée.

Finalité 3 : Logique de plan de communication de la formation

Le troisième intérêt du plan de formation est de donner un cadre à la négociation collective et individuelle autour de l’investissement formation. En France, chaque année, le plan de formation est présenté et discuté avec les IRP. Une fois les avis des représentants du personnel recueillis, il fixe le cap pour la prescription individuelle de formation. Il aide les managers et responsables ressources humaines à prendre les bonnes décisions en matière de choix de formation.

Dans un contexte de formation digitalisé et rapproché, ces choix sont moins nombreux. L’enjeu n’en reste pas moins déterminant. Les formations relevant d’une inscription formelle seront d’autant plus stratégiques qu’elles seront plus longues et certifiantes. Le réflexe un peu facile “une formation de 2 ou 3 jours par an (ou tous les deux ans) et par personne”, c’est fini ! Investir dans un parcours multimodal certifiant tous les 5 ou 6 ans relèvera d’un choix autrement stratégique.

Digital learning et réforme : vers un nouveau modèle pour la formation – cliquez ici.

En conclusion, le plan de formation ne servira plus à planifier 100% de l’effort de formation, mais il restera un excellent outil pour piloter d’une nouvelle manière le budget de formation en prenant en compte à la fois les coûts d’exploitation et les investissements de la fonction formation. Il sera plus que jamais déterminant pour aider aux choix de formation en définissant clairement les priorités de développement des compétences. Le plan de formation deviendra ainsi plus stratégique, plus proche d’une politique de formation qu’une simple planification des actions.

 

Marc Dennery

Marc Dennery

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