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François Galinou – Président de l’ICPF & PSI : Il manque aujourd’hui une véritable démarche qualité dans le domaine de la FPC

 

François Galinou, président d’ICPF-PSI

François Galinou dirige l’ICPF-PSI, première certification des professionnels de la formation inscrite au CNEFOP. Elle atteste du professionnalisme de plus de 800 certifiés. A cela s’ajoute 270 demandes en cours. A la suite du décret qualité, ce type de certification a donc le vent en poupe. Le blog de C-Campus a voulu en savoir plus et profiter de la rencontre avec François Galinou pour y voir un peu plus clair sur les prochaines évolutions en matière de qualité en formation.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots la certification ICPF-PSI ?

C’est une certification attachée à la personne physique qui permet d’attester de sa capacité à réaliser des prestations de formation de qualité. Elle repose sur 8 critères, le plus important étant l’expérience de la formation. Sa particularité est d’être adaptée au consultant formateur indépendant et de valoriser sa pratique.

Comment devient-on certifié ICPF-PSI ?

On s’enregistre dans la démarche et ensuite on accède via une plateforme à son dossier de certification. On peut donc l’élaborer en ligne. On soumet son dossier à l’auditeur et on reçoit ensuite soit des demandes de compléments, soit la certification. En cas de refus, on a trois mois pour répondre aux exigences. Elaborer son dossier prend en moyenne une quinzaine d’heures de travail. Mais cela nécessite d’avoir mis en conformité avant son activité pour respecter les critères. Un consultant formateur référençable sur datadock en a pour seulement 4 à 5 heures de travail.

Qu’est-ce que vous apportez de plus que le datadock pour un consultant-formateur ?

On apporte plusieurs choses. D’abord on a une réputation de 22 ans dans la certification de la qualité du prestataire de service intellectuel. Nous sommes ouverts à d’autres fonctions que celles de la formation : chef projet, consultant…. Ensuite c’est un certificat alors que le datadock n’est qu’un référencement. Notre certificat valide un niveau de professionnalisme. On peut être seulement agréé ou confirmé ou carrément expert. Par ailleurs, le client d’un consultant formateur ne peut pas vérifier par lui-même sur le datadock le référencement, alors qu’il peut le faire sur le site ICPF-PSI. Il y a donc une plus grande visibilité. Enfin, le certificat ICPF-PSI permet d’être référencé par tous les financeurs publics et surtout Pôle emploi et les régions. Alors que le datadock ne regroupe que les OPCA (plus exactement 19 OPCA sur 20). Le fait d’être référencé par pôle emploi et les régions est une opportunité économique non négligeable pour les consultants formateurs indépendants dans une période où les fonds de ces financeurs vont être renforcés (cf. plan d’investissement Macron)

En cette rentrée 2017/2018 se profile une nouvelle réforme, en quoi peut-elle changer les règles du jeu dans le domaine de la qualité de la formation ?

Aujourd’hui, si on se base sur les informations que l’on a à date, le principe de la certification qualité n’est pas remis en question, bien au contraire. Ce qui sera discuté tournera davantage autour du rôle des partenaires sociaux. Depuis la loi de 2014, on a un cadre, c’est le décret qualité. Ce décret peut-être amendé, revu, enrichi, etc. D’après nous, ce qu’il manque aujourd’hui, c’est une démarche qualité, c’est-à-dire une démarche qui produise des normes pour contrôler les organismes de formation, mais également les organismes qui les contrôlent. Il faut rentrer davantage dans le système de référence de la qualité qui consiste à faire des normes et à accréditer les organismes certificateurs qui mettent en œuvre ces normes.

Mais tout cela ne risque-t-il pas d’être trop compliqué et trop lourd à mettre en œuvre ?

Peut-être, mais le jeu en vaut la chandelle. C’est ce que l’on a dans d’autres domaine tels que la production d’eau potable, l’industrie automobile ou le nucléaire. La formation est un domaine sensible où il en va de la compétence des personnes. Il serait normal de s’inscrire dans ce type de démarche. Par ailleurs, bien faire les choses n’engendre pas forcément de la bureaucratie supplémentaire. De toute façon nous ne sommes qu’au début, il faudra bien harmoniser tous les référentiels (datadock, pôle emploi, régions…). A ne pas vouloir entrer dans un système classique de qualité, on risque de créer une tour de Babel de la certification. Et on n’en est pas loin aujourd’hui avec plus de 30 certifications CNEFOP. A cela s’ajoute, toutes les procédures internes de chaque financeur qui édictent leurs propres règles. Comment vont s’y retrouver les organismes de formation et les entreprises ? Devront-ils fournir à chacun des documents différents. Alors qu’une démarche de certification qualité permet de n’avoir qu’un seul cadre normatif.

Marc Dennery

Marc Dennery

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