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Les nouveaux formateurs #1 – Comment devenir un formateur multimodal ?

Nous vous présentions au mois de juin dernier, le fruit de nos travaux d’analyse autour de l’évolution des rôles et missions des formateurs en entreprise – cliquez ici. Nous poursuivons nos réflexions avec une série d’articles traitant chacun d’un type particulier de profil. Nous démarrons cette série par le sommet du schéma : l’architecte de parcours multimodal ou hybride.

La formation multimodale : bien plus qu’une simple évolution

La formation multimodale ou hybride, c’est le modèle de la formation de demain. D’aujourd’hui même, sommes-nous tentés d’écrire. Car, ne nous voilons pas la face, la formation 100% digitale ne fonctionnera pas mieux que la formation 100% présentielle. La Zoomification des formations, va très vite trouver ses limites, même si elle restera une pratique courante de formation dans les années à venir.

La formation réellement efficace en entreprise est celle qui combine tout à la fois présentiel, distanciel, Digital Learning, AFEST et co-formation ou formation entre pairs, c’est-à-dire donc la formation multimodale, hybride ou encore Blended learning.

Derrière ces appellations un peu fourre-tout, se cache une véritable révolution pour le monde de la formation. Hybrider une formation, ce n’est pas transformer quelques séquences de formation présentielle en temps de formation en classe virtuelle ou en AFEST. Quitte à réduire le présentiel, c’est l’ensemble de l’expérience apprenante qu’il faut repenser ! La combinaison des 5 modalités que l’on a cité précédemment ouvre aux formateurs des horizons fondamentalement différents.

  • Le digital learning, par exemple, permet de granulariser les contenus de formation et par conséquent d’individualiser. Et en individualisant de repenser totalement la planification des formations.
  • La classe virtuelle n’est pas seulement la transposition à distance d’un cours magistral ou de séquences de travaux en sous-groupes. C’est surtout la possibilité de rendre plus flexible les temps de formation. Et permettre ainsi un accompagnement dans la durée de chacun des apprenants au sein d’un collectif de formation réinventé (pensons par exemple à la combinaison : réseau social apprenant x webinaire ou classe virtuelle hebdo ou par quinzaine).
  • L’AFEST, quant à elle, ne se limite pas non plus à remplacer des formations théoriques trop longues en séquence au poste de travail tutorées. C’est une autre façon de penser lien entre théorie et pratique. Entre apprentissage par l’expérience et apprentissage par la transmission de savoirs. C’est la possibilité offerte de mieux orienter le parcours formatif sur les compétences à acquérir en situation de travail plutôt que les connaissances à mémoriser.
  • Le distanciel permet également de favoriser, paradoxalement, la co-formation entre pairs. Car avec des outils comme TEAMS ou les fonctionnalités de partage des nouvelles LMS, cela devient un jeu d’enfants de créer des communautés d’apprentissage de toutes tailles. De grandes tailles animées par un formateur ou de toute petite taille regroupant 2, 3 ou 5 apprenants se formant de façon collaborative en autonomie. Mais pour y parvenir il faut savoir penser les parcours de formation selon une “pédagogie de projet” et non pas une “pédagogie de la transmission”.
  • Et le présentiel dans tout ça ? Là aussi, il faut totalement le réinventer. Le supprimer n’aurait pas plus de sens que de le refaire comme avant. Mais le réinventer cela signifie quoi concrètement ? Cela veut dire de profiter de la présence des apprenants pour faire tout ce que l’on ne peut pas faire ou que l’on fait moins bien dans les autres situations pédagogiques. Et il s’agit donc des échanges formels et informels entre apprenants. C’est la communication pédagogique, car le conflit socio-cognitif et la dynamique de groupe ne sont pas aussi forts à distance qu’en présence. Le présentiel reste et restera ce qu’il y a de mieux pour créer des “chocs pédagogiques”, des moments Eurêka, des instants où les liens se font et au cours desquels nous changeons nos façons de voir, d’appréhender le monde qui nous entoure. Bref que l’on comprend ce que l’on n’a jamais encore compris et que l’on s’engage à transformer en profondeur nos modèles mentaux et nos pratiques professionnelles dans un environnement totalement sécurisé.

Le formateur ou la formatrice “multimodal” : un ou une touche à tout de la pédagogie

Le formateur ou la formatrice “multimodal” doit jouer avec toutes ces nouvelles opportunités pour créer des expériences apprenantes adaptées à chaque profil d’apprenant. Pour ce faire, il ou elle doit non seulement les connaître mais également maîtriser les méthodes et techniques qui y sont associées. Ce qui signifie par exemple savoir réaliser :

  • … des contenus digitalisés efficaces et légers (en mode agile pour reprendre une expression actuelle),
  • … des présentiels utilisant des techniques pédagogiques qui favorisent ces moments Eurêka décrits précédemment. Ce qui le conduit à renouveler son portefeuille de techniques pédagogiques et à laisser de côté le sempiternel exposé PowerPoint.
  • … des séquences d’AFEST en aménageant des situations de travail afin de les rendre apprenantes et en les combinant avec des séquences d’accompagnement utilisant des méthodes aussi variées que le modelage, le feedback ou la réflexivité.

Mais au-delà de ces compétences techniques, c’est surtout des capacités d’ingénierie que le formateur ou la formatrice “multimodal” doit maîtriser. Car la formation hybride est avant tout affaire de combinatoire et de frugalité. Savoir dessiner des parcours alternant l’utilisation par l’apprenant des ressources pédagogiques les mieux adaptées tout en étant les moins coûteuses à produire est certainement l’enjeu majeur du nouveau formateur multimodal.

L’autre enjeu majeur est la question de la posture. Le formateur multimodal se transforme en accompagnateur à la fois d’apprenant et de collectifs d’apprenants. Passer du formateur “transmetteur de savoir” au formateur “accompagnateur d’apprenants” ne se décrète pas. Cela nécessite de repenser son rôle et ses missions et non pas seulement d’acquérir des techniques d’empathie, de feedback ou de réflexivité. Car…

  • Ce n’est plus dire, mais faire dire.
  • Ce n’est plus expliquer, mais faire prendre conscience.
  • Ce n’est plus évaluer, mais créer les conditions pour s’autoévaluer.

En résumé, la formatrice ou le formateur multimodal a un petit quelque chose du couteau-suisse. A l’instar du couteau préféré des baroudeurs, il est multitâches et multioutils. Et surtout, il est malin et capable de se sortir de toutes les situations à moindre coût. La formatrice ou le formateur multimodal est capable d’imaginer les meilleures réponses “formation” quel que soit le contexte de l’apprenant.

On ne forme pas à devenir un formateur multimodal, on crée les conditions pour qu’il puisse le devenir !

Croire que former ses formateurs et formatrices bien ancrés dans leurs pratiques de transmetteurs de savoir suffira pour, d’un coup de baguette magique, en faire des formateurs et formatrices “multimodal” est un raccourci un peu rapide. Il est indispensable, comme nous venons de le voir de les amener à transformer leurs cadres de références, leurs “modèles mentaux” comme le dit si bien Peter Senge.

Et pour ce faire, il est nécessaire de leur faire vivre une expérience d’apprentissage basée sur le volontariat et qui est elle-même multimodale. Ils ou elles doivent vivre l’expérience de la multimodalité pour se rendre compte de son efficacité et de ses finesses de mise en oeuvre. La réflexivité, par exemple, ne se comprend pas seulement en écoutant un formateur nous l’expliquer. Cela se vit, s’interprète, se capitalise, si on veut concrètement se l’approprier.

Vivre une expérience multimodale pour se former à la multimodalité est nécessaire mais pas suffisant. Il faut également pouvoir rester motivé tout au long de son parcours. Le parcours doit donc être certifiant pour qu’il soit réellement engageant.

C’est en repartant de ces principes forts que nous avons fait le choix, chez C-Campus, de proposer une formation de formateur multimodal, elle-même 100% multimodale et certifiante combinant :

  • 52 h.   de cours digitaux,
  • 26 h.   de formation synchrone (présentiel ou distanciel),
  • 21 h.   d’accompagnement individuel et collectif,
  • 39 h.  de préparation et passage de la certification (CCF et examen final),
  • 92 h.  de mise en pratique en AFEST.

Pour aller plus loin sur la présentation de notre parcours de Formation de formateurs multimodal – cliquez ici ou sur l’image ci-dessous.

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Marc Dennery

Marc Dennery

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