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Comment favoriser la dynamique collaborative au sein d’un groupe en formation ?

Les formations sont de plus en plus individualisées. C-Campus modestement, propose depuis plusieurs années une offre dédiée aux acteurs de la formation – cliquez ici. Pour autant, la majorité des formations se déroulent encore en groupe. C’est peut-être le fruit de l’histoire (le fameux “stage de formation né avec la loi de 1971 !) mais c’est loin d’être anodin d’un point de vue pédagogique.

Le groupe en formation peut être un facteur d’efficacité : entraide, émulation, motivation collective, partage d’expériences… Mais il peut être également un frein : tensions, sentiment d’être jugé ou de ne pas être à sa place, perte de confiance, démotivation…

Loin d’épuiser le sujet de l’effet groupe en formation, nous vous proposons dans l’espace de cet article, trois pistes pour favorise une dynamique collaborative au sein d’un groupe en formation.

1) Clarifier le contrat pédagogique et les règles de fonctionnement

Le premier facteur dans la réussite d’un groupe en formation c’est l’accord sur les buts et les modes de fonctionnement au sein du groupe. Ce qui veut dire concrètement que l’on doit soigner tout particulièrement le contrat pédagogique et les règles de vie du groupe.

Chacun des participants doit avoir le sentiment que ses attentes sont prises en compte, qu’il retirera quelque chose d’important pour lui de la formation et que tout le monde respecte les mêmes règles de fonctionnement au sein du groupe, par exemple, le respect des horaires, de l’écoute mutuelle ou encore du suivi de quelques règles de courtoisie et du bien vivre ensemble.

Pour ce faire, il est nécessaire d’établir un contrat pédagogique dès le démarrage de la vie du groupe, lors de la présentation des objectifs et du recueil des attentes. Et on s’y réfèrera tout au long de la vie du groupe, notamment quand des tensions ou difficultés naîtront.

2) Choisir un style de leadership « démocratique » ou « participatif »

La posture qu’adopte le formateur va impacter fortement la relation qu’il établit avec son groupe. Les psychosociologues ont défini trois grands styles de relations entre l’animateur et son groupe. Deux sont à éviter et une à privilégier.

Le style autocratique

La première posture à éviter est de style « Autocratique ». Il s’agit de vouloir s’imposer par l’autorité liée à votre position de formateur. Quand on cherche à imposer un point de vue ou des règles de fonctionnement qui ne sont pas du tout acceptées, on a tendance à adopter un style « Autocratique ». Mais attention ! il existe bien d’autres façons de le faire sans s’en apercevoir comme par exemple, jouer de l’ironie, porter un jugement sur une prestation ou encore interpeler des apprenants directement, en les mettant ainsi en difficulté.

Ce style « Autocratique » est à bannir car non seulement il n’est pas apprécié par les apprenants, mais également, il ne permet pas de se faire réellement respecter par le groupe. Bien au contraire. Ce dernier se sent placé « en position basse » comme disent les psychologues, dans le langage courant, on dirait : « ils se sentent pris de haut » !

Le style “Laisser-faire”

Le deuxième style à éviter est le style « Laisser-faire ». C’est un peu l’opposé du premier. Vous cherchez à faire « ami-ami » avec le groupe et vous lui laissez faire beaucoup, voire trop de choses. C’est, si vous préférez, la “cour de récréation”. Les objectifs pédagogiques ne sont plus respectés, les règles de vie sont mises en danger. Les apprenants ont l’impression de passer un bon moment, mais ils feront ensuite le reproche d’avoir perdu leur temps.

Le style “Démocratique”

Le troisième style dit style « Démocratique » est celui par conséquent à privilégier. Vous restez ferme sur l’essentiel (les objectifs pédagogiques tels qu’ils ont été négocié lors du contrat pédagogique et les règles de vie) mais vous êtes prêt à faire des concessions sur des éléments secondaires (comme par exemple le rythme ou certaines modalités pédagogiques).

Le style démocratique va conduire à une relation plus égalitaire entre le formateur et le groupe. En formation, on est tous des adultes et personne n’a à imposer son point de vue ou à fixer des contraintes non nécessaires à autrui.

Le groupe va alors se détendre et vous pourrez aussi vous-mêmes vous détendre. Cela se verra et se ressentira. Votre plaisir, votre enthousiasme de formateur vont devenir contagieux !

3) Favoriser la fréquence et la qualité des interactions.

La durée de la formation et son intensité sont déterminantes pour créer une véritable dynamique de groupe. En formation en entreprise, il est loin le temps des formations d’une semaine voire deux en résidentiel ! Mais la régularité des rencontres (ex. une visio formation tous les mercredi matin) peut remplacer ces temps forts que représentaient les stages résidentiels.

Mais un groupe a également besoin de réelles interactions. Un formateur qui présente 30 diapos à l’heure ne va pas générer autant d’interactions que le même formateur qui prendra soin d’organiser des travaux de sous-groupes ou des débats en plénière. C’est pourquoi, il est impératif d’utiliser des techniques pédagogiques très actives pour créer une dynamique de groupe.

Mieux, il faut alterner les tailles de groupe (binôme, trinôme, plénière) et faire tourner les membres aux seins des sous-groupes pour éviter en quelque sorte « l’esprit de clan ». La composition des sous-groupes sauf exception doit être renouvelée à chaque demi-journée.

Autre point important : pour favoriser les échanges, il est nécessaire d’aménager l’espace physique. Les tables rondes de 5 ou 6 personnes sont bien plus efficaces que des tables rectangulaires de faibles largeurs. Ce que l’on nomme l’organisation en « U », doit être plutôt en « O » afin que tout le monde puisse se voir. Et bien sûr les apprenants doivent pouvoir parler sans fatiguer leurs voisins ou se sentir écouté par le sous-groupe d’à côté. Ce qui nécessite des espaces suffisamment grands et bien traités d’un point de vue phonique.

4) Consacrer des temps de “régulation des tensions“ au cours de sa formation

La mayonnaise ne prend pas toujours et même quand elle a pris, elle peut retomber ! C’est pourquoi, le formateur ou la formatrice doit toujours rester vigilant et garder un œil sur la dynamique de groupe.

On doit rester attentif aux signaux faibles, comme par exemple le groupe qui devient apathique ou à l’inverse très remuant et bruyant (nombreux rires forts, bavardages) ou encore quand certains débats s’éternisent, les personnes s’écoutent moins (ce qui signifie parfois que des leaders cherchent à imposer leur point de vue, coûte que coûte).

Pour recueillir ces signaux faibles, on peut procéder de deux manières.

  1. Premièrement de façon informelle. A l’instar du marin aguerri qui “sent” son bateau, le formateur expérimenté sent évoluer son groupe et ne craint pas d’engager des actions correctives pour réguler la dynamique de groupe : changement d’activité pédagogique, détendre l’atmosphère par un peu d’humour, recalibrage des objectifs pédagogiques pour éviter des écarts de niveau trop importants entre membres du groupe, etc.
  2. La seconde manière est de le faire de façon formelle en utilisant une technique pédagogique dédiée : « La météo de la formation ». On demande à chaque participant de donner la météo (2 nuages, 1 nuage, 1 soleil ou 2 soleils) de sa progression dans la formation. Puis, on invite les apprenants à commenter les résultats affichés au tableau (ou sur un nuage de mots à distance). Et si nécessaire le formateur engage un temps de régulation pour redéfinir ou simplement adapter le contrat pédagogique de départ.

Vous retrouverez la technique de la météo de la formation dans notre jeu de cartes Master Formateur. Vous pouvez le commander en nous adressant un message : formation@c-campus.fr. Avec ses 35 cartes au format A5, c’est la véritable boite à outils de l’animateur de formation. Et un excellent support pour animer vos formations de formateurs !

5) Favoriser l’émulation au sein du groupe

Un groupe en formation a besoin de vivre des moments plaisants et émotionnellement intenses. Prendre du plaisir dans la tâche est un facteur de motivation indéniable et jouer sur les émotions peut aussi favoriser la mémorisation. C’est pourquoi instiller une certaine dose de ludo-pédagogie n’est pas forcément une mauvaise chose. Bien au contraire.

Vous pourrez le faire par exemple, à travers un quiz final où l’ensemble des membres devront trouver en commun les réponses aux questions et le résultat du groupe sera comparé aux résultats des autres groupes des autres sessions.

Vous créez ainsi une compétition inter session mais pas intra session. Car la pédagogie par le jeu a ses limites et peut mettre en danger la dynamique de groupes. Quand chaque sous-groupe ne cherche plus qu’à battre le sous-groupe d’à côté, on risque de passer de l’émulation à la compétition. Ce qui était un avantage devient un inconvénient. Le formateur ou la formatrice doit veiller à créer une émulation bienveillante où « l’important n’est pas de gagner mais de participer activement ».

Ces techniques de gestion de groupe en formation et bien d’autres encore sont traitées dans nos formations de formateurs. Découvrez notre offre dédié au pilotage, à la conception et à l’animation de formation sur notre site ou contactez-nous pour en savoir plus sur nos offres intra sur mesure : formation@c-campus.fr.

Marc Dennery

Marc Dennery