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A quoi sert une direction formation aujourd’hui ?

Certains, plutôt radicaux, pensent qu’elle ne sert plus à rien et va bientôt disparaître. D’autres, plus optimistes, pensent qu’elle est plus que jamais indispensable et doit tout simplement se réinventer. Nous faisons partie de ce camp-là ! A terme, elle devra exercer 4 missions principales. Mais avant cela voyons pourquoi.

De la formation “en stock” à la formation “en flux”

Budget formation, plan de formation, respect de la réglementation, programmes prestigieux et lourds alignés sur les grands enjeux business de l’entreprise étaient le quotidien des Responsables de formation d’entreprise. La formation était une denrée rare qu’il fallait gérer avec parcimonie.

Les directions formations étaient avant tout des gestionnaires de “stocks d’actions de formation”. Taux de remplissage, taux de co-financement et qualité perçue de fin de stage constituaient leur baromètre. Elles ont été gréées pour gérer aux petits oignons des centaines voire milliers d’actions de formation. Mais cette formation en stock se transforme à l’ère digitale en une formation en flux. La formation n’est plus une denrée rare, mais devient abondante. Tout le monde ou presque peut et doit se former en permanence via des MOOCs, les réseaux sociaux, la formation en situation de travail (FEST)…

Le passage à une formation en flux ne se décrète pas. Ce n’est pas non plus un passage naturel ou spontané. La direction formation doit impulser, accompagner et pérenniser cette transformation. C’est pourquoi, sa valeur ajoutée est plus que jamais déterminante.

A lire, notre interview pour le blog de Rhexis – “On passe d’une formation en stock à une formation en flux” – cliquez ici.

Les 4 nouvelles missions d’une direction formation

Orienter

La direction formation doit d’abord porter une nouvelle vision de la formation : non plus centrée sur le stage et la gestion planifiée des sessions, mais davantage focalisée sur l’apprenant et ses processus d’apprentissage. Il lui revient de stimuler un climat d’apprentissage favorable, de mobiliser les managers qui doivent devenir des “learning learder”, de donner aux apprenants l’envie d’apprendre…

Le directeur de la formation devient un visionnaire, un leader. A lui de convaincre sa direction générale, son management et les collaborateurs que le monde change et qu’apprendre en permanence est une condition de survie pour l’entreprise et pour chacun de ses salariés. Qui mieux que lui peut porter cette transformation de la formation ? La direction générale, peut faire beaucoup, mais a-t-elle l’expertise pour cela ? Car passer d’une formation en stock à une formation en flux, ne se limite pas à créer deux ou trois MOOCs sur le digital ou le coeur de métier de l’entreprise. Cela implique un projet sur plusieurs années combinant toutes les innovations techno pédagogiques actuelles.

A voir la vidéo de Ed Hess – Learn or die – Cliquez ici.

Structurer

Cette nouvelle vision doit se traduire concrètement par une organisation en réseau des acteurs de la formation. La direction de formation structure ces réseaux. Elle crée un éco-système d’apprentissage avec les prestataires de formation, son ou ses OPCA, ses partenaires publics (Pôle emploi, la Région, les Ecoles et Universités). En interne, elle mobilise les experts et le management pour favoriser le partage de connaissances permanent. Elle crée des passerelles entre réseaux externes et experts. Par exemple, en amenant ses experts internes à co-construire avec des prestataires de formation ou universités des programmes bénéficiant aussi bien aux collaborateurs de l’entreprise qu’aux étudiants ou demandeurs d’emploi.

Outiller

Le digital learning nécessite de faire des choix d’outils importants que ce soit aussi bien pour la production des contenus que pour leur diffusion. Rien n’est plus risqué que de laisser chaque entité choisir ses propres outils. Coordonner les choix d’outils, créer des centres d’expertises par exemple en production vidéo ou e-learning permet de faire des économies très importantes.

Animer et accompagner

La formation en flux multiplie le nombre d’acteurs impliqués dans les apprentissages. Dans une formation “stagifiée”, l’acteur principal est le formateur, le plus souvent externe. Dans une formation en flux, il faut compter aussi sur les tuteurs, les managers, les formateurs terrains occasionnels et surtout les apprenants eux-mêmes, souvent seuls face à leur apprentissage. Tous ces acteurs sont à animer et accompagner au sein de vastes communautés d’apprentissage. Même si une “approche horizontale” est à privilégier, il n’en reste pas moins que la direction formation doit impulser et parfois raviver les échanges au sein des différentes communautés d’apprentissage.

En résumé, les directions de la formation ne rempliront plus demain la mission de planification de stages de formation pour laquelle elles ont été créées dès le milieu des années 1950 et développées grâce à la loi de 1971. Ses équipes d’acheteurs, chefs de projet et de gestionnaires de formation orientés budget et qualité seront probablement fortement impactées dans les prochaines années. Mais cela ne signifie pas qu’elles risquent de disparaître. Elles joueront plus que jamais un rôle déterminant d’orientation, de structuration, d’outillage et d’animation et accompagnement. Probablement avec des effectifs plus réduits ayant des niveaux de qualification plus élevés encore qu’aujourd’hui.

Marc Dennery

Marc Dennery

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