C’est la rentrée pour les élèves et également pour les adultes en formation. Près d’un million d’apprentis, sans compter les apprenants de la formation continue, se retrouvent à nouveau dans leurs salles de “classe”. C’est le mois où tout se joue en termes de dynamique de groupe. Si vous souhaitez instaurer un climat favorable à l’apprentissage et réduire les taux d’abandon, améliorer la concentration et la collaboration entre apprenants, il ne faut pas attendre Noël. Les bonnes habitudes se prennent à la rentrée ! Voici 3 pistes à investiguer.
Un préalable : faire participer
Une bonne dynamique de groupe, ce n’est pas un formateur qui parle et 25 étudiants, apprenants ou apprentis qui l’écoutent religieusement. C’est 26 adultes, tous égaux en termes de liberté de parole, qui échangent, collaborent, confrontent leurs points de vue. Pour créer cette dynamique d’interaction. Vous pouvez organiser votre formation en suivant 3 idées forces :
1) Passer par des temps d’échanges intermédiaires
Paradoxalement, une dynamique de groupe ne se crée pas en plénière, mais par la création de temps de participation en petits groupes (binôme, trinôme ou quadrinôme). Si vous souhaitez faire participer un groupe, ne lui posez pas des questions en plénières, faites d’abord réfléchir les participants en sous-groupes puis amenez-les à partager leurs apports. Les échanges dans des groupes de petites tailles permettent aux apprenants les plus introvertis, de prendre confiance en eux et d’échanger. Vous évitez ainsi que les plus extravertis imposent leur leadership au groupe.
Pour ce faire vous pouvez utiliser des techniques bien connues, comme :
- La technique “1,2,4, tous !” : Vous faites réfléchir d’abord individuellement chaque apprenant, puis vous lui proposez d’échanger ses réflexions avec le voisin d’à coté, puis entre binômes voisins. Et pour finir, vous faîtes la synthèse en plénière.
- La technique “Philips 6×6” : Vous divisez votre groupe en sous-groupes de 6 personnes. Chaque sous-groupe a ensuite 6 minutes pour répondre à une question différente que vous lui avez posée. Puis, une minute en plénière pour faire la synthèse de ses apports.
- La technique “Réponse à tout !” : Vous répartissez votre groupe en table de 4 à 7 ou 8 personnes. Chaque table a un animateur “fixe”, qui ne change pas durant tout le travail d’échange. À l’inverse, les participants tournent de table en table (2 ou 3 fois) et apportent leurs réponses à une question-problème que l’animateur a posé à la table. À la fin, le formateur demande à chaque animateur de table, de résumer à l’ensemble du groupe, les solutions émises par les participants en sous-groupes.
- La technique de la “Visite du musée”: L’animateur colle des grandes feuilles de papier / post-it géant au mur (ou des feuilles Veleda électrostatiques). Sur chaque feuille, il pose des questions ou demande de réagir sur des affirmations. Tel des visiteurs de musée, les apprenants, répartis en groupe de 2, 3 ou 4, sont invités à répondre à la question ou à commenter. Au bout de 2 ou 3 minutes, chaque sous-groupe se déplace dans le sens des aiguilles d’une montre sur le tableau suivant. Il enrichit la réponse et critique de façon constructive les commentaires du groupe précédent. En plénière, le formateur lit et fait débattre autour des résultats.
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2) Multiplier les exercices de correction et d’enrichissement croisé
L’évaluation croisée est très apprenante. C’est une technique qui conduit l’apprenant à établir les critères d’une bonne évaluation et à comparer ce qu’il a compris avec ce qu’ont compris ses collègues. Après un exposé, une correction croisée d’un exercice de réflexion, d’un test de connaissance ou encore d’une étude de cas, permet à vos apprenants d’échanger et de croiser leurs regards sur ce qu’ils ont compris.
3) Réduire les temps d’exploitation en grand groupe
Les formateurs sont souvent réticents à l’idée de mettre en place des travaux de sous-groupes, car ils estiment que ces techniques sont chronophages. Ce n’est pas faux, si on exploite longuement les résultats du groupe et que l’on cherche à corriger soi-même chaque proposition des sous-groupes. Mais si vous utilisez les techniques proposées au point 1 et que vous vous dites que ce qui compte, ce n’est pas le but (le fait que les apprenants maitrisent et ont la correction), mais le chemin (le processus de réflexion engagé et des voies pour creuser et apprendre par eux-mêmes), vous n’êtes plus contraint d’organiser des temps d’exploitation très longs. Vous mettez uniquement vos apprenants sur la voie, vous les invitez à chercher des compléments de savoirs ou à réaliser des exercices complémentaires, qu’ils devront réussir pour enfin trouver la réponse. Bref, vous ne donnez plus le poisson, mais vous leur apprenez à pêcher !
Un incontournable : travailler ensemble les règles de vie
Beaucoup de formateurs se plaignent aujourd’hui de l’attitude des adultes en formation (manque de respect, d’écoute, de concentration, de disponibilité, d’empathie et de bienveillance, etc.). Difficile de savoir si cela est moins bien, voire pire qu’avant. On n’a pas forcément toutes les données à disposition. Mais que ce soit beaucoup plus difficile ou pas, l’important c’est d’agir. Et d’améliorer le climat d’apprentissage, par le partage d’attitudes positives de la part des apprenants et des formateurs.
Pour ce faire, quand sonne l’heure de la rentrée, sonne aussi l’heure des engagements. La plupart des CFA, centres de formation et écoles définissent des chartes, des règles de vie, des contrats d’engagement des étudiants ou apprenants. C’est une excellente chose. Mais ces documents sont le plus souvent distribués, présentés par le formateur de la rentrée ou le référent pédagogique et on passe à autre chose.
Or, si on veut que les apprenants s’approprient les règles de vie qu’on a imaginé, encore faut-il leur laisser le temps de se les approprier et de les amender et les enrichir. C’est pourquoi, nous vous proposons un exercice simple en complément : l’élaboration et la validation de la charte du groupe-classe. Voici comment vous pouvez mettre en oeuvre ce temps d’animation :
- Vous présentez succinctement la charte de l’école, le contrat d’engagement de l’OF ou encore les valeurs définis par l’institution.
- Vous répartissez le groupe en sous-groupes selon l’une des techniques que nous avons vu précédemment (Visite de musée, 1,2, 4, tous ! …).
- Chaque sous-groupe prend un temps (5 à 10 minutes) pour travailler un point de la charte ou des valeurs en répondant à la question : “Comment de façon concrète et pratique, souhaitez-vous mettre en oeuvre cette valeur ou cet engagement tout au long de votre année scolaire, dans votre groupe-classe ?”.
- Vous organisez ensuite un temps d’échanges et de partage en commun, en fonction de la technique choisie.
- Vous faites résumer par les participants du groupe les points clés de leur engagement, puis vous leur demandez d’élaborer un document de synthèse sous la forme qu’ils souhaitent (dessin, carte mentale, schéma…) et qui pourra être affiché tout au long de l’année dans l’espace-classe. Vous pourrez ainsi vous y référer quand des rappels aux règles de vie seront nécessaires.
Un impensé : faire de la salle un écosystème apprenant
L’espace physique de la salle de classe n’est pas toujours un élément pris en compte pour améliorer l’efficacité pédagogique, que ce soit par les institutions de formation ou les formateurs. Or, le meilleur des programmes pédagogiques ne suffit pas s’il se déroule dans un milieu physique en présentiel (ou virtuel en distanciel) de piètre qualité.
C’est une question que nous avons traitée, il y a déjà de nombreuses années chez C-Campus, notamment quand nous avons cré” notre salle de référence en région parisienne – cliquez ici pour voir les points clés d’un espace pédagogique bien pensé et l’exemple de notre salle “My Learning Home“.
Si vous avez la chance en tant que formateur d’intervenir dans la même salle tout au long de l’année, prenez le temps avec votre groupe de la rendre la plus personnalisée possible. Se sentir bien dans son milieu d’apprentissage, permettra à chacun de mieux vivre les dizaines voire centaines d’heures de formation qu’il suivra. Tout le monde y gagnera !
Vous ne pourrez pas tout transformer (les murs sont des limites !), mais vous pourrez a minima travailler les aspects suivants :
- L’affichage : disposer des tableaux blancs derrière chaque sous-groupe. Proposer un mur d’expression sur lequel les apprenants pourront réaliser leur “météo de la formation”, apprécier leurs contenus et leurs enseignements (cf. nouveau décret Qualiopi – nous y reviendrons !), offrir leurs services pour collaborer et apprendre ensemble.
- La disposition : proposer un aménagement flexible, permettant de passer de l’atelier à la plénière rapidement. Veiller à réduire le bruit lors des travaux de sous-groupes, afin d’éviter la surcharge cognitive.
- La rotation : faire tourner les groupes régulièrement pour éviter tout effet de clan. Un apprenti ou un étudiant n’est pas affecté à une place, mais doit à la fin du premier ou deuxième mois de l’année scolaire, avoir découvert l’espace-classe sous tous ses angles et avoir rencontré et travaillé avec chacun de ses “collègues”.
Toute l’équipe C-Campus souhaite aux formateurs et responsables pédagogiques en école comme en CFA ou en OF une excellente rentrée – lancement d’année scolaire !

