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Comment c’était la formation avant l’obligation fiscale ?

Marc Dennery, 30 avril 2013

Et si demain l’obligation fiscale disparaissait (cliquez ici) que deviendrait la formation en entreprise ? Des conséquences administratives immédiates verraient le jour (cliquez ici). Mais ce n’est pas le plus important. Les pratiques de formation pourraient être profondément transformées. Plutôt que de faire de la formation fiction, nous vous proposons un flash back d’une cinquantaine d’année pour se remémorer la formation d’avant la loi de 1971. Et en tirer quelques enseignements.

Un monde de la formation très différent

La formation dans les années 1950 / 1960 était très différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Le mot formation lui-même posait question (cliquez ici). Le stage n’était pas encore l’alpha et l’omega de la transmission du savoir. Les services formations était encore rares et les responsables de formation un métier en devenir. Le GARF (“Groupement de l’Amicale des Responsables de Formation“ a été créé au milieu des années 1960. L’acronyme peut d’ailleurs surprendre. Il fait davantage penser à une association de joueurs de boules qu’à une organisation regroupant les professionnels de l’ingénierie du développement des compétences).

Le marché de la formation est encore balbutiant. Le nombre d’organisme reste limité. La formation en fait, au sens de 2013, n’existe pas. On parle de formation des chômeurs et de reconversion, de promotion du travail ou de perfectionnement, mais encore très peu de formation.

Les rares chômeurs et les personnes en reconversion (taux de 2,8% de chômage ! (cliquez ici)) sont pris en charge par l’AFPA et quelques organismes universitaires ou para universitaires
Les personnels les moins qualifiés souhaitant reprendre des études se forment dans les Instituts Supérieur de Promotion du Travail.
Les autres sont pris en charge par l’entreprise. S’ils sont ingénieurs ou cadres, ils bénéficient des politiques de “perfectionnement des cadres“ où ils apprennent les nouvelles méthodes de management dans des organismes privés ou associatifs (ex. Cegos, CNOF, CESI…). Et s’ils sont ouvriers ou techniciens, ils sont formés sur le tas via les démarches importées des Etats-Unis telles que l’O.J.T (“On the Job Training“).

Des enseignements à tirer de l’histoire

Avant l’obligation fiscale, les entreprises formaient évidemment, mais elles mettaient les moyens seulement sur les publics qu’elles jugeaient être prioritaires. Que pourrait-il en être demain si l’entreprise n’avait plus une obligation de dépense ? Continuerait-elle à réaliser des stages de 2 ou 3 jours de formation à l’utilité incertaine pour des publics non prioritaires ? Rien n’est moins sûr. Le saupoudrage pourrait devenir de l’histoire ancienne.

Autre enseignement, l’obligation fiscale a créé le stage. Sa disparition pourrait entraîner l’accélération des nouvelles formes de formation. Pourquoi utiliser le moyen le moins économique de former s’il n’est plus nécessaire de justifier des dépenses de formation ? Devons-nous nous attendre à un retour de l’O.J.T ?  Pourquoi pas ? C’est en germe dans la loi sur les contrats de génération et les premiers accords vont dans ce sens (cliquez ici). En tous les cas, le stage a du souci à se faire et toutes les formes de formation digitale pourraient en profiter.

Enfin, dernier enseignement, si le nombre de stages venaient à se réduire sensiblement, aurions-nous toujours besoin d’une fonction formation ? Après tout, elle n’a été développée que pour organiser ces stages. Le management pourrait-il reprendre le pouvoir dans ce domaine ? Peut-être pourrions-nous voir enfin une formation plus proche du terrain, moins administrative, moins technicienne ? Rien que pour cela, la suppression de l’obligation fiscale pourrait présenter quelques avantages.

 

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