Le blog de C-Campus

Qu’est-ce que la FEST ?

Après la transformation digitale, la formation en situation de travail (ou FEST acronyme choisi par la DGEFP), est l’Autre transformation du monde de la formation. Les deux sont liés. Comment développer le digital learning sans un accompagnement « terrain » ? Comment développer la FEST sans des bibliothèques de contenus digitaux fiables et facilement accessibles ? Avant de définir dans de prochains posts comment mettre en place une démarche de FEST, nous allons démarrer cette série d’articles en essayant de définir ce que peut être d’un point de vue opérationnel la FEST.

La FEST, une volonté politique

Le Premier Ministre Manuel Valls a souhaité dans son plan TPE-PME de juin dernier lancer une expérimentation pour “Libérer les possibilités de formation en situation de travail”. Depuis, des groupes d’études et de réflexion ont été lancés et les OPCA sont en train de mettre en oeuvre des premières expérimentations.

Le Plan TPE / PME du 9 juin 2015 – cliquez ici.

Cette volonté d’ouvrir la formation à d’autres modalités que le stage ne date pas d’hier. En août 2014, le décret FOAD offrait de nouvelles opportunités aux formations à distance. L’ANI du 14 décembre 2013 posait déjà le principe de faire évoluer plus largement la définition de l’action de formation.

Conséquence, la FEST se présente comme une troisième voie d’accès à la formation à côté du stage et de la FOAD.

La FEST, une action de formation éligible

Le code du travail dans son article L6353-1 définit ce qu’est une formation éligible : “Les actions de formation professionnelle mentionnées à l’article L. 6313-1 sont réalisées conformément à un programme préétabli qui, en fonction d’objectifs déterminés, précise le niveau de connaissances préalables requis pour suivre la formation, les moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement mis en oeuvre ainsi que les moyens permettant de suivre son exécution et d’en apprécier les résultats”.

Reprenons les points essentiels de cette définition et appliquons-les à toute formation qui se déroulerait en situation de travail.

Premier point important, la FEST relève d’une intention pédagogique, car elle doit avoir a minima un objectif et un programme. Elle se distingue donc bien de la “formation sur le tas” qui relève des apprentissages fortuits, c’est-à-dire non intentionnels.

La question du programme n’est pas simple : difficile pour une formation en situation de travail de respecter la règle administrative du programme matin / après-midi. Cependant, la FEST doit conserver un itinéraire pédagogique, plus ou moins formalisé, qui sera remis à l’apprenant au début de sa formation afin de lui permettre de se repérer dans son apprentissage.

Deuxième point, la FEST doit permettre un positionnement amont pour vérifier les pré-requis. C’est une condition pédagogique indispensable pour s’assurer de former juste assez et juste à temps. Il ne faut pas oublier que la FEST permet une personnalisation importante de l’apprentissage.

Troisième point, la FEST fait appel à des techniques ou méthodes pédagogiques variées. Certains spécialistes de l’apprentissage voudraient les restreindre à des techniques d’analyse de pratique ou d’apprentissage réflexif à partir de l’action. Dans la réalité des entreprises, les façons d’apprendre en situation de travail sont multiples. La FEST combine ces techniques dans un itinéraire pédagogique finalisé vers l’acquisition des compétences.

18 techniques pour apprendre #1 Les apprentissages dans l’action – cliquez ici.

18 techniques pour apprendre #2 Les apprentissages collaboratifs – cliquez ici.

18 techniques pour apprendre #3 Les apprentissages en réseau – cliquez ici.

Quatrième point, la FEST doit être mise en oeuvre à travers un encadrement pédagogique comme tout type de formation. Ce n’est pas de l’auto formation. C’est une formation avec l’appui de personnes jouant un rôle pédagogique. Le terme “d’encadrement” n’est pas anodin. Ce n’est pas seulement un tuteur. C’est plutôt un collectif qui constitue un éco-système apprenant. Dans tous les cas, il doit y avoir au moins un référent qui accompagne de façon synchrone ou asynchrone la personne en train de se former en situation de travail.

Cinquième point, le parcours de formation réalisé en FEST doit aboutir à des “résultats” et, par conséquent, être évalué. Cette évaluation peut être plus facile à mener que pour de la formation en salle. Le référent ou le manager, lui-même, peuvent apprécier les compétences acquises et pas seulement les connaissances. La question à se poser est la portée de cette validation des compétences. Peut-elle représenter tout ou partie d’une certification ? Quel lien peut-on envisager avec une VAE future ?

Sixième et dernier point la traçabilité de la formation. Quelle est la preuve de la réalisation de l’action et que peut-on enregistrer ? Il faudra tout faire pour éviter de tomber dans la bureaucratie qui rebuterait employeur et salarié. Cependant, il faudra veiller à éviter “les fausses formations”. Le PIF – Protocole individuel de formation – déjà utilisé pour la FOAD semble un excellent outil. Signé par l’apprenant, le référent et le manager, il présente un aspect contractuel qui pourrait limiter les abus.

PIF : meilleur moyen d’encadrer les formations blended – cliquez ici.

FEST : surtout faisons simple !

L’ouverture vers une troisième modalité de formation à côté du stage et de la FOAD est une avancée considérable. La FEST, après la VAE en 2002, reconnaît à nouveau le travail comme un environnement d’apprentissage. Le cadre réglementaire va ainsi prendre acte de ce qu’a toujours démontré les sciences et techniques en pédagogie. Mais pour que la FEST devienne une réalité au sein des entreprises, il faudra à tout prix faire simple. Si on veut éviter un demi succès comme pour la VAE, il faudra éloigner toute tentation bureaucratique. Et cela est parfaitement évitable, car à bien analyser ce que pourrait être la FEST, il suffirait d’un référent formé et/ou habilité à réaliser de la formation en situation de travail, d’un protocole individuel de formation intégrant un positionnement amont, un itinéraire pédagogique planifié et les conditions de réalisation de la formation, et d’une évaluation aval pour avoir la preuve qu’une formation de qualité a bien eu lieu au poste de travail.

Pour aller plus loin…

Diapositive01

Marc Dennery

Marc Dennery

Vous avez apprécié cet article, abonnez-vous au blog ! 

S'inscrire au Blog de C-Campus