Le blog de C-Campus

Les nouveaux métiers de la formation en entreprise

Réforme, digitalisation, nouveau rapport au savoir… la formation se transforme en profondeur. Ses métiers également. Voici les principales tendances que nous entrevoyons.

Du formateur permanent au formateur « terrain »

La tendance est à la réduction budgétaire et au blended learning. Le format « stage » n’est plus l’alpha et omega de la formation. Les écoles ou centres de formation internes comme externes évoluent actuellement vers un modèle de formation mixte. Demain, elles animeront des communautés d’apprentissage via des portails de formation et de l’accompagnement terrain.

L’animateur de formation va perdre du terrain au profit du formateur « terrain » : accompagnateur, facilitateur ou médiateur au plus proche des équipes. Ce formateur du quotidien ne sera pas forcément rattaché à la fonction formation. Il sera plutôt intégré aux équipes. Pas forcément manager, le formateur terrain peut être un senior, très expérimenté, aussi bien qu’un jeune à potentiel.

L’enjeu est aujourd’hui de professionnaliser ces formateurs « terrain », trop souvent livrés à eux-mêmes. Or, former, accompagner, transférer son savoir-faire ne s’improvise pas et nécessite une réelle technicité.

De l’expert e-learning à l’animateur de communauté d’apprentissage

A côté des concepteurs de formation présentielle, les développeurs de produits multi-media ont pris de plus en plus d’importance. Chef de projet e-learning, graphistes, spécialistes des logiciels de rapid E-Learning (Articulate, E-Doceo, Adobe Captivate…) sont devenus ces dernières années des métiers incontournables aussi bien au sein des organismes de formation que des écoles ou centres de formation internes.

A court terme, ces métiers du digital learning vont probablement bénéficier d’un développement significatif. Le besoin en digitalisation de contenu est tel qu’il faudra recruter abondamment dans ces domaines. A plus long terme, ce n’est pas garanti. Quand les technologies vont devenir de plus en plus facile d’accès, le monde de la formation aura moins besoin de spécialistes des technologies e-learning que d’experts du contenu capables de formaliser leur connaissance en utilisant les outils accessibles sur le web. Faut-il aujourd’hui être spécialiste de bureautique pour faire nos diaporamas ? Demain, il ne faudra peut-être plus être spécialiste des technologies de l’image pour faire une vidéo pédagogique ?

Les profils recherchés de demain seront les personnes capables de maîtriser une triple compétences : expertise sur le fond, capacité à formaliser et médiatiser la connaissance, capacité à la diffuser sur les réseaux sociaux d’apprentissage. Le concepteur pédagogique va muer vers un animateur de communauté d’apprentissage. C’est lui qui déterminera demain la valeur des portails de formation.

Du responsable (du budget) de formation au responsable « L&D »

La loi de 1971 avait fait naître un nouveau métier, celui de responsable formation. Crise et restriction budgétaire, il s’est transformé, ces dernières années, en responsable du budget de formation. Mais les contrôleurs budgétaires de la formation ont-ils encore une valeur ajoutée à l’heure où la formation n’est plus une denrée rare, où le modèle du stage cède la place au flux de formation permanent. Aura t-on besoin demain de faire encore des plans de formation ?

Dans une fonction formation organisée autour de communautés d’apprentissage, de réseaux d’experts, de formation au plus proche du terrain, on aura davantage besoin de responsables de « Learning and development » comme on dit outre manche. C’est à dire de personnes en charge des apprentissages et du développement des talents. Les deux notions, « apprentissage », d’une part, et « développement des talents », d’autre part, sont complémentaires et renvoient à des univers très différents de la formation d’aujourd’hui.

Le responsable des « apprentissages » a la lourde charge d’imaginer les dispositifs pédagogiques les plus performants, d’accompagner les changements, de favoriser les processus de pollinisation entre collaborateurs afin de faire émerger de nouvelles compétences collectives. Le responsable des « apprentissages » est plus proche d’un chef de projet « change management » ou d’un responsable de la performance opérationnelle ou de la qualité des processus que d’un responsable de formation traditionnel.

Le responsable du « développement des talents » se focalise, quant à lui, sur les compétences individuelles. Il accompagne la personne dans la gestion de son parcours professionnel. Il sait le conseiller sur les MOOCs les mieux adaptés à ses besoins, ou si nécessaire, sur ses choix de reprise d’étude. Il saura également mobiliser les financements possibles. Le responsable du « développement des talents » est plus proche du conseiller RH ou conseil en évolution professionnelle, que du responsable de formation, gestionnaire de formation.

Formateur « terrain », animateur de communauté d’apprentissage, responsable « L&D », ces trois métiers d’avenir ont en commun de ne pas s’exercer au sein de la fonction formation telle qu’on l’imagine aujourd’hui. Le premier est intégré aux équipes opérationnelles, le deuxième aux directions métiers et le troisième, soit aux fonctions supports en charge de la performance opérationnelle (responsable des apprentissages), soit à la DRH (développement des talents). Et si la fonction formation se diluait dans l’organisation au contact du digital ?

 

Marc Dennery

Marc Dennery

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