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Animer une formation : quelques détails qui font toute la différence. – 1ère partie

Animer une formation, c’est comme pratiquer un sport, c’est fait de routine, de gestes que l’on répète sans plus savoir pourquoi nous les faisons. Ces automatismes sont d’une très grande importance. Chacun a son sens. Ils peuvent faire toute la différence dans la dynamique de groupe. En voici, trois premiers que nous avons sélectionnés arbitrairement.

Rappeler son intention pédagogique à chaque début de séquence

L’intention pédagogique, c’est ce que veut réaliser le formateur avec son groupe. Ce n’est pas stricto sensu l’objectif pédagogique. Mais cela s’en rapproche. Pour une séquence dédiée à l’apprentissage d’un applicatif informatique, l’intention pédagogique peut être par exemple : « je souhaite que les apprenants sachent réaliser la fonctionnalité X, Y ou Z et qu’ils soient convaincus de l’intérêt de l’utiliser ».

Quand un formateur démarre sa séquence pédagogique, il a tout intérêt à annoncer cette intention pédagogique. D’abord cela l’oblige à la clarifier pour lui-même. Combien de formateurs lancent des séquences sans savoir vraiment pourquoi ils vont la réaliser ?

Ensuite, cela aide l’apprenant à suivre son parcours de formation. Il visualise ce que l’on appelle « l’escalier pédagogique », c’est-à-dire les étapes par lesquelles il doit passer pour acquérir la maîtrise d’une compétence.

Enfin, cela motive et fédère le groupe. Avoir un objectif commun, précis, partagé avec le formateur, c’est sentir que l’on n’est pas seul dans son apprentissage. C’est en quelque sorte relever un défi ensemble, c’est d’une  certaine manière vivre une aventure commune.

Répondre à une question de stagiaire avec l’aide du groupe

Un stagiaire vous pose une question. Le premier réflexe, c’est de lui répondre pour satisfaire son attente. Et ne le nions pas, pour lui montrer qu’on a réponse à tout. Mais, cela n’est pas la bonne. Si telle est votre routine, il faudra la changer.

La bonne attitude est de…

  1. Reformuler la question pour inviter l’apprenant à reprendre la main et ainsi à préciser sa question,
  2. Inviter le groupe à répondre à la question
  3. Répondre soi-même à partir des éléments du groupe.

Cette routine n’est pas une feinte pour éviter de répondre quand on ne connaît pas la réponse. C’est une façon positive de co-construire avec le groupe une connaissance commune. Cela prend du temps et peut faire dériver sur des débats interminables. Tout l’art est de mettre du rythme dans les échanges. Mais cela correspond à une autre routine que nous verrons ultérieurement.

Organiser les travaux de sous-groupes

Le travail de sous-groupe est une technique à la fois très pratiquée et très pertinente en formation. Encore faut-il bien composer et lancer ces sous-groupes. Sinon, d’une séance de travail, cela se transforme vite en pause masquée.  Voici quelques trucs et astuces pour s’en sortir :

  1. Choisir la bonne taille (entre 2 et 4 personnes idéalement)
  2. Répartir les personnes en fonction de leurs niveaux et de leurs centres d’intérêt et non pas les laisser librement se regrouper par affinités.
  3. Faire tourner les groupes systématiquement toutes les demies journées afin d’éviter la création de « clan »
  4. Déplacer les tables ou les tableaux afin que les apprenants « voient la formation autrement » et sortent de leur propre routine.
  5. Désigner le groupe par un numéro et, encore mieux, « un nom ». Cela permet à ses membres de s’identifier facilement et de renforcer leur cohésion dans une logique d’émulation.
  6. Faire travailler les groupes debout autour d’un tableau de papier pour gagner du temps. Debout, on travaille toujours plus vite qu’assis ! Et les écrits au tableau permettent au formateur de voir en un coup d’oeil l’avancement des groupes et de lui faciliter l’exploitation.

Marc Dennery

Marc Dennery

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